par Jean Teissier » dim. 19 févr. 2023 09:12
Quelques techniques d’animation
Ce qu’est la liste de techniques ci-dessous :
- ces techniques répondent aux enjeux que je reconnais au temps de ‘dialogue créatif’.
- Ce sont des gestes et formules qui se sont avérés efficaces lors de certains dialogues (iels ont fait réagir certains enfants).
- Ce sont les gestes et formules qui, à force d’être réutilisées, sont devenus des éléments ritualisées du ‘dialogue créatif’.
Ce que cette liste n’est PAS :
- elle n’a pas prétention à offrir des recettes applicables en tous lieux , toutes circonstances
- en particulier, ces techniques n’ont aucune valeur pour répondre à d’autres enjeux que ceux que j’ai identifié au fil de mes ‘dialogues créatifs’ avec les enfants.
- elle n’est certainement pas exhaustive.
Le contrat social du ‘dialogue créatif’
Inspiré en partie par le travail de Nicoletta (Pédagogie du Ciel, MCE-Mouvement Freinet italien)
version light : « Je vais avoir besoin de votre attention pendant 20 / 30 minutes. Pour cela, nous allons nous reconcentrer sur nous-même avec les 3 respirations. Fermez les yeux : écoutez et sentez passer l’air dans votre corps ».
→
Yeux fermées, 3 respirations
→
La dernière est « contrôlée », c’est-à-dire qu’on n’expire pas d’un coup mais le plus longuement possible.
Avantage de cette version : ça prend littéralement 30 secondes.
version heavy : « Nous avons tous un corps. Et nous avons besoin de notre corps pour réfléchir et pour écouter. Il est important qu’on lui laisse sa place. D’autant plus que, comme nous allons travailler ensemble, nous allons rester assis pendant 20 / 30 minutes. Est-ce que quelqu’un a besoin de réactiver son corps avant qu’on commence ? »
Si une seule personne répond « oui », alors on fait tous le rituel de la ‘douche corporelle’ :
→
debout, on simule les gestes du savonnage
→
en partant des mains et des bras, on rejoint le buste et le dos, puis on descend jusqu’aux orteils…
→
des orteils, on remonte en tapotant les parties « savonnées »…
→
en arrivant au cou et à la nuque, les gestes deviennent un massage plus lent qui se prolongent en remontant le long du visage jusqu’au haut du crâne
→
on termine par les gouttes d’eau sur le crâne en tapotant du bout des doigts.
→
Généralement, on accompagne ces gestes en nommant les parties du corps touchées.
→
Suite à la douche, on se rassoit et on enchaîne directement sur les 3 respirations.
Avantage de cette version : elle réexplique plus clairement les enjeux et fait plus explicitement place à celles et ceux qui ne tiennent plus en place.
→
Annonce du type de dialogue : « Nous allons toiletter le texte de A. »
Précision :
La définition de ce qu’est un ‘toilettage de texte’ se construit au fil des expériences. Je pose le mot en début d’année, laisse aux enfants le temps d’exprimer ce que ça leur évoque, explicite rapidement le sens que je lui donne ici, en classe… puis on passe très vite à la pratique.
Le pari est que, de toute façon, sans expérience vécue (ensemble, au sein de la classe), je peux bien dire c que je veux, le mot restera une coquille vide.
Ce pari est fondé sur le constat répété des décrochages des élèves éloigné.es d’un usage de la parole pour fabriquer des « abstractions »… et de la difficulté d’accrocher pour les élèves éloigné.es de la langue française.
Problématique sous-jacente :
Viser une société de l’inclusion et, plus généralement, du care ?
Il y a là un immense champ de travail critique, que je suis loin d’avoir mené à terme. J’en suis déjà à essayer de ne pas l’esquiver. Je pourrai le résumer ainsi :
- Le passage par le ‘texte libre’ / ‘dialogue littéraire’ / retour à l’écrit est un moyen de charger la langue écrite de sens, de puissance et de désir, mais il prend appui sur une langue orale, supposée plus familière.
- Cela tend à exclure de fait celles et ceux pour qui cette langue orale ne peut pas être un point d’appui. Car l’oral porte son propre lot de difficultés : sa rapidité, son caractère éphémère, l’intensité / épaisseur / opacité des paroles échangées… L’oral exige attention intense et réflexion rapide pour s’ajuster à l’inattendu apporté par les autres.
- D’après mon expérience, cela place dans une situation de vulnérabilité :
- les enfants allophones
- les enfants qui parlent français mais disposent, pour s’exprimer, d’un nombre de mots significativement plus réduit que leurs camarades
- les enfants qui, a priori, ne trouvent aucun sens à cet usage « scolaire » (conceptualisant ? intransitif?) de l’oral
- les enfants qui, pour des raisons obscures, ne sont pas encore entré.es dans l’oral (iels n’y « croient » pas : iels semblent ne rien en attendre)
- les enfants dans des situations de handicap qui affectent leur capacité à soutenir un dialogue.
- Le passage par le dialogue collectif était, déjà, une manière de prendre au sérieux ces difficultés car :
- Il autorise une temporalité plus lente que l’échange inter-individuel, toujours limité par l’existence des autres et de leurs besoins / demandes intempestives. Dans l’espace du dialogue collectif, on peut se donner le temps de dire, de redire, de préciser…
- Il crée un espace collectif d’attention aux autres, où le risque de stigmatisation est moins grand, non parce qu’on annule les différences entre les participantes, mais précisément parce qu’on leur prête attention : on en parle, on en tient compte, on les dédramatise…
- Cela ne suffit pas (toujours). Actuellement, j’essaie donc de repérer – dans les gestes et techniques de dialogue que j’utilise de fait – ce qui tend à renforcer certaines vulnérabilités et ce qui, au contraire, semble les compenser.
Le critère : qui prend la parole ?
(Quand ? Pour dire quoi ? Spontanément ou parce que je vais le ou la repêcher? Est-ce que celles et ceux qui ne prennent pas la parole sont, avec nous, dans le dialogue, en situation d’écoute active ou sont-iels ailleurs, sur le bord du dialogue ou en fuite ?…)
|
→
Annonce de l’objectif : « Nous allons chercher des idées pour l’améliorer, puis nous allons bien mettre en mémoire les scènes que nous avons décidé car, après, vous allez devoir les écrire ».
→
Annonce des règles de paroles :
- « Tout le monde a le droit a la parole. Je donnerai en priorité la parole à celles et ceux qui n’ont pas encore parlé. »
- « Dans un toilettage, il n’y a pas de réponses vraies ou fausses. Il n’y a pas de mauvaises idées. Même si, au final, une idée que vous proposez n’est pas gardée, elle nous aura permis de nous poser des questions. Elle nous aura aidé à avancer. »
- « Il n’y a pas de mauvaises prises de paroles. Même si vous ne trouvez pas les bons mots, même si vous passez par des gestes, même si vous ne faites que répéter quelque chose que quelqu’un a déjà dit, c’est important. Vous avez le droit de vous exprimer. Et si vous n’y arrivez pas, le groupe est là pour vous aider. »
- « Si vous avez le droit à la parole, ça veut aussi un peu dire que tout le monde doit parler : nous avons besoin des idées de tout le monde pour avancer. Sinon le texte ne sera pas vraiment notre texte à tous. Du coup, il peut arriver que je vous demande votre avis, même si vous n’avez pas levé la main. »
Faire émerger la ‘direction artistique’
1. Lecture silencieuse du texte écrit au tableau : « Est-ce que tout le monde a eu le temps de lire le texte ? » (laisser le temps nécessaire pour le faire)
2. Lecture à voix haute du texte (généralement par son autrice) : « Pour améliorer ce texte, il est important qu’on l’ait tous et toutes bien en tête. Est-ce que quelqu’un peut nous le faire entendre et le lire à voix haute ? »
3. Questions à l’autrice originaire :
- Quel type de texte tu as voulu écrire : une histoire imaginaire ? Une histoire réaliste ? Un poème ? Un documentaire ?
Contrat (actuel) d’une histoire imaginaire :
Une histoire doit avoir un début, un milieu* et une fin.
C’est une histoire imaginaire, du coup il peut se passer des choses bizarres, qui ne sont pas possibles en vrai.
Contrat (actuel) d’une histoire réaliste :
Une histoire doit avoir un début, un milieu* et une fin.
C’est une histoire réaliste, du coup on doit proposer que des choses qui pourraient se passer en vrai.
* Dans les textes actuels, le milieu prend de l’amplitude et je commence à évoquer avec elles et eux l’idée de péripéties (en les comptant et en explicitant les liens logiques : causes / conséquences / …)
Contrat (actuel) d’un poème :
Un poème, ça ne raconte pas forcément une histoire.
Ça exprime des émotions ou des sensations, en utilisant des images, des comparaisons qui peuvent être normales ou étranges.
Contrat (actuel) d’un documentaire :
Un documentaire, ça donne des informations aux autres. Dans un documentaire, on ne peut inventer ou écrire ce qu’on croit. On ne peut écrire que des choses qu’on sait, dont on est sûr parce qu’on a pu les vérifier. |
- Quel ton tu voulais donner à ton histoire / poème : triste ? Joyeux ? Drôle ? Terrifiant ? Tu voulais mélanger plusieurs émotions ?
- Où est-ce que tu veux mettre ton histoire / poème dans le temps : tu veux l’écrire comme si elle se passait maintenant, dans le présent ? Comme si elle devait se passer plus tard, dans le futur ? Ou comme si elle était déjà passé, déjà terminé, dans le passé ?
(Les 3 questions listées ci-dessus correspondent au degré de finesse de définition de la ‘direction artistique’ que nous avons atteint avec le groupe des CE1 : les 2[sup]ème[/sup] année dans ma classe. Avec les CP, actuellement, nous nous posons les 2 premières questions. Il est vraisemblable que des occasions se présenteront d’affiner les questions ou d’en faire émerger des nouvelles.)
Animer le dialogue
Précision
Les techniques proposées ci-dessous ne servent pas à lancer la discussion. D’après mon expérience, une fois le texte lu, le contrat posé et la direction artistique définie, celle-ci démarre toute seule.
Ces techniques correspondent aux « gestes » que j’ai trouvé pour répondre à chaque parole des enfants, en vue de les tourner vers un creusement des enjeux signifiants du texte.
Dit autrement, ce sont des techniques pour pousser le groupe vers une problématisation de ce que nous sommes, ensemble, en train de chercher à dire.
1) Reformuler pour assurer la compréhension de tous et toutes
- Logique analogue à celle de la communication non-violente : redire permet à l’autre de vérifier qu’iel a bien été entendu (réciproque : faire redire permet de vérifier si on a bien été entendu)
- Je reformule chaque proposition des enfants :
- pour m’assurer de l’avoir bien comprise
- pour m’assurer que les autres l’ont bien comprise
- pour la légitimer (« D’accord, donc » « Ah oui ! Du coup », « Donc tu nous dis que… Et ben, c’est {rigolo/impressionnant/poétique/terrible/…} ça, pas mal, essayons de creuser ça » etc.)
2) Relancer par des questions
But : inciter les co-auteurs et co-autrices à s’interroger sur ce que les propositions peuvent apporter au texte.
Question de type 1 : Qu’est-ce qui change ?
Quand je capte que la proposition fait référence / s’inspire d’un élément de la culture de l’enfant ou de la culture de la classe.
« Ah oui c’est comme dans… Sauf que, dans notre texte, c’est pas… mais… Du coup, je me pose la question : qu’est-ce que ça change que… ? »
Enjeu littéraire : jeu de ressemblances / différences
« Le sens vient de la différence » (Saussure)
« Les différences apparaissent sur fond de ressemblance » (Greimas)
Question de type 2 : Où ça nous mène ?
Quand la proposition propose un changement, qui appelle à s’interroger sur les conséquences de ce changement :
« (reformulation). Et donc ? Si il se passe ça, qu’est-ce que ça va changer ? Qu’est-ce qui va pouvoir se passer après ? »
Enjeu littéraire : creuser la structure narrative, qui est très largement une logique de causes et de conséquences.
Question de type 3 : D’où ça vient ?
Quand la proposition semble un peu sortir de nulle part, elle appelle à préciser ce qu’elle vient faire dans le texte, ce qu’elle apporte.
(principe d’écoute bienveillante : nous partons du principe qu’elle apporte nécessairement quelque chose, même si on ne le voit pas d’emblée ou que son autrice ou son auteur ne parvient pas à le préciser).
« Donc tu proposes que… Ok, mais pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que ça pourrait se passer comme ça ? »
Enjeux littéraires :
cas n°1 : clarification causale (structure narrative → si une conséquence surgit, c’est qu’elle a une raison de surgir, une cause)
cas n°2 : creuser l’intention d’un personnage (Qu’est-ce qui motive tel personnage à faire ça ?)
Question sous-jacente : qu’est-ce qu’on veut que ce personnage représente ou raconte ? |
3) Position méta : qualifier la façon dont la parole circule entre les co-auteurs et co-autrices
« Regardez comme c’est intéressant ce qu’est en train de faire M. Elle prolonge la proposition de… en cherchant à dire ce que… »
exemple vécu : Là ce qu’est en train de faire M. c’est de prendre appui sur la proposition de R. de faire atterrir la voiture dans un gâteau. Et elle cherche à préciser ce que ça peut être comme gâteau. C’est vrai qu’on l’a pas précisé, ça. Allons-y, qu’est-ce que ça peut être comme gâteau et qu’est-ce que ça change ? On a déjà une première proposition, celle de M., qui nous dit que ça pourrait être une tarte au citron. D’autres propositions ?
« Ah oui mais si on va par là, on a l’air de se diriger vers une histoire qui… et ce n’est pas ce que A. nous avait demandé au départ. Du coup, A, est-ce que… ? »
exemple vécu : D’accord mais là si le personnage d’I. se noie dans la piscine, il me semble qu’on n’est plus tellement dans une histoire rigolote. On va plutôt vers une histoire triste et je crois que c’est pas ce que nous avait demandé N. Non, d’ailleurs, regarde, elle a pas l’air d’accord du tout. Du coup, ça, c’est pour ton histoire à toi. Et si tu y tiens, tu pourras l’écrire toi-même, dans ton cahier d’écrivain. Mais là on voudrait trouver une fin rigolote. Donc je vous repose la question : comment elle pourrait se terminer notre histoire, pour que la fin soit rigolote ? »
[center][size=100][font=Script Ecole 2][size=150][b]Q[/b][/size][/font][/size][size=100][font=Script Ecole 2][size=150][b]uelques techniques d’animation[/b][/size][/font][/size][/center]
[font=Script Ecole 2]Ce qu’est la liste de techniques ci-dessous :[/font]
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[*][font=Script Ecole 2]ces techniques répondent [/font][font=Script Ecole 2]aux enjeux que je reconnais au temps de ‘dialogue créatif’.[/font]
[*][font=Script Ecole 2]Ce sont[/font][font=Script Ecole 2] des gestes et formules qui se sont avérés efficaces lors de certains dialogues [/font][font=Script Ecole 2][size=75](iels ont fait réagir certains enfants)[/size][/font][font=Script Ecole 2].[/font]
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[font=Script Ecole 2]Ce que cette liste n’est PAS :[/font]
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[*][font=Script Ecole 2]elle n’a pas prétention à offrir des recettes applicables en tous lieux , toutes circonstances[/font]
[*][font=Script Ecole 2]en particulier, ces techniques n’ont aucune valeur pour répondre à d’autres enjeux que ceux que j’ai identifié au fil de mes ‘dialogues créatifs’ avec les enfants.[/font]
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→ [font=Script Ecole 2]Yeux fermées, 3 respirations[/font]
→ [font=Script Ecole 2]La dernière est « contrôlée », c’est-à-dire qu’on n’expire pas d’un coup mais le plus longuement possible.[/font]
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[*][font=Script Ecole 2]« Tout le monde a le droit a la parole. Je donnerai en priorité la parole à celles et ceux qui n’ont pas encore parlé. »[/font]
[*][font=Script Ecole 2]« Dans un toilettage, il n’y a pas de réponses vraies ou fausses. Il n’y a pas de mauvaises idées. Même si, au final, une idée que vous proposez n’est pas gardée, elle nous aura permis de nous poser des questions. Elle nous aura aidé à avancer. » [/font]
[*][font=Script Ecole 2]« Il n’y a pas de mauvaises prises de paroles. Même si vous ne trouvez pas les bons mots, même si vous passez par des gestes, même si vous ne faites que répéter quelque chose que quelqu’un a déjà dit, c’est important. Vous avez le droit de vous exprimer. Et si vous n’y arrivez pas, le groupe est là pour vous aider. »[/font]
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[font=Script Ecole 2]3. Questions à l’autrice originaire :[/font]
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[center][b]Contrat (actuel) d’une histoire réaliste [/b]:[/center]
Une histoire doit avoir un début, un milieu* et une fin.
C’est une histoire réaliste, du coup on doit proposer que des choses qui pourraient se passer en vrai.
[size=75]* Dans les textes actuels, le milieu prend de l’amplitude et je commence à évoquer avec elles et eux l’idée de [i][u]péripéties[/u][/i] (en les comptant et en explicitant les liens logiques : causes / conséquences / …)[/size]
[center][b]Contrat (actuel) d’un poème [/b]:[/center]
Un poème, ça ne raconte pas forcément une histoire.
Ça exprime des émotions ou des sensations, en utilisant des images, des comparaisons qui peuvent être normales ou étranges.
[center][b]Contrat (actuel) d’un documentaire [/b]:[/center]
Un documentaire, ça donne des informations aux autres. Dans un documentaire, on ne peut inventer ou écrire ce qu’on croit. On ne peut écrire que des choses qu’on sait, dont on est sûr parce qu’on a pu les vérifier.[/td]
[/tr]
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[*][font=Script Ecole 2]Quel ton tu voulais donner à ton histoire / poème : triste ? Joyeux ? Drôle ? Terrifiant ? Tu voulais mélanger plusieurs émotions ?[/font]
[*][font=Script Ecole 2]Où est-ce que tu veux mettre ton histoire / poème dans le temps : tu veux l’écrire [/font][font=Script Ecole 2][i]comme si[/i][/font][font=Script Ecole 2] elle se passait maintenant, dans le présent ? [/font][font=Script Ecole 2][i]Comme si[/i][/font][font=Script Ecole 2] elle devait se passer plus tard, dans le futur ? Ou [/font][font=Script Ecole 2][i]comme si[/i][/font][font=Script Ecole 2] elle était déjà passé, déjà terminé, dans le passé ?[/font]
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[font=Script Ecole 2][size=75]([/size][/font][font=Script Ecole 2][size=75]L[/size][/font][font=Script Ecole 2][size=75]es 3 questions listées ci-dessus correspondent au degré de finesse de définition de la ‘direction artistique’ que nous avons atteint avec le groupe des CE1 : l[/size][/font][font=Script Ecole 2][size=75]es [/size][/font][font=Script Ecole 2][size=75]2[/size][/font][font=Script Ecole 2][sup]ème[/sup][/font][font=Script Ecole 2][size=75] année dans ma classe. Avec les CP, actuellement, nous nous posons les 2 premières questions. Il est vraisemblable que des occasions se présenteront d’affiner les questions ou d’en faire émerger des nouvelles.)[/size][/font]
[center][font=Script Ecole 2][size=150][u]Animer le dialogue[/u][/size][/font][/center]
[center][font=Script Ecole 2][u]Précision[/u][/font][/center]
[left][font=Script Ecole 2][size=75]Les techniques proposées ci-dessous ne servent pas à lancer la discussion. D’après mon expérience, une fois le texte lu, le contrat posé et la direction artistique définie, celle-ci démarre toute seule.[/size][/font][/left]
[left][font=Script Ecole 2][size=75]Ces techniques correspondent aux « gestes » que j’ai trouvé pour [u]répondre[/u] à [i]chaque[/i] parole des enfants, en vue de les tourner vers un creusement des [i][u]enjeux signifiants[/u][/i] du texte.[/size][/font][/left]
[left][font=Script Ecole 2][size=75]Dit autrement, ce sont des techniques pour pousser le groupe vers une [b]problématisation[/b] de ce que nous sommes, ensemble, en train de chercher à dire.[/size][/font][/left]
[font=Script Ecole 2][b]1) Reformuler pour assurer la compréhension de tous et toutes[/b][/font]
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[*][i][font=Script Ecole 2]Logique analogue à celle de la communication non-violente : redire permet à l’autre de vérifier qu’iel a bien été entendu ([/font][font=Script Ecole 2][u]réciproque[/u][/font][font=Script Ecole 2] : faire redire permet de vérifier si on a bien été entendu)[/font][/i]
[*][font=Script Ecole 2]Je reformule chaque proposition des enfants :[/font]
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[*][font=Script Ecole 2]pour m’assurer de l’avoir bien comprise[/font]
[*][font=Script Ecole 2]pour m’assurer que les autres l’ont bien comprise[/font]
[*][font=Script Ecole 2]pour la légitimer[/font][font=Script Ecole 2][size=75] (« D’accord, donc » « Ah oui ! Du coup », « Donc tu nous dis que… Et ben, c’est {rigolo/impressionnant/poétique/terrible/…} ça, pas mal, essayons de creuser ça » etc.)[/size][/font]
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[font=Script Ecole 2][b]2) Relancer par des questions[/b][/font]
[font=Script Ecole 2][u]But[/u][/font][font=Script Ecole 2] : inciter les co-auteurs [/font][font=Script Ecole 2]et co-autrices[/font][font=Script Ecole 2] à s’interroger sur ce que les propositions peuvent apporter au texte.[/font]
[table][tr][td][center][u][font=Script Ecole 2]Question de type 1[/font][/u][font=Script Ecole 2] : [/font][font=Script Ecole 2]Qu’est-ce qui change ?[/font][/center]
[font=Script Ecole 2][size=75]Quand je capte que la proposition fait référence / s’inspire d’un élément de la culture de l’enfant ou de la culture de la classe.[/size][/font]
[font=Script Ecole 2]« Ah oui c’est comme dans… Sauf que, dans notre texte, c’est pas… mais… Du coup, je me pose la question : qu’est-ce que ça change que… ? »[/font]
[font=Script Ecole 2][u]Enjeu littéraire[/u][/font][font=Script Ecole 2] : jeu de ressemblances / différences[/font]
[center][font=Script Ecole 2][size=75][i]« Le sens vient de la différence » (Saussure)[/i][/size][/font][/center]
[center][font=Script Ecole 2][size=75][i]« Les différences apparaissent sur fond de ressemblance » (Greimas)[/i][/size][/font][/center]
[center][u][font=Script Ecole 2]Question de type 2[/font][/u][font=Script Ecole 2] : [/font][font=Script Ecole 2]Où ça n[/font][font=Script Ecole 2]ous mène[/font][font=Script Ecole 2] ?[/font][/center]
[font=Script Ecole 2][size=75]Quand la proposition propose un changement, qui appelle à s’interroger sur les conséquences de ce changement :[/size][/font]
[font=Script Ecole 2]« (reformulation). Et donc ? Si il se passe ça, qu’est-ce que ça va changer ? Qu’est-ce qui va pouvoir se passer après ? »[/font]
[font=Script Ecole 2][u]Enjeu littéraire[/u][/font][font=Script Ecole 2] : creuser la [/font][font=Script Ecole 2][i]structure narrative[/i][/font][font=Script Ecole 2], qui est très largement une logique de causes et de conséquences.[/font]
[center][u][font=Script Ecole 2]Question de type 3[/font][/u][font=Script Ecole 2] : [/font][font=Script Ecole 2]D’où ça vient ?[/font][/center]
[size=75][font=Script Ecole 2]Quand la proposition [/font][font=Script Ecole 2]semble un peu sortir de nulle part, elle appelle à préciser ce qu’elle vient faire dans le texte, ce qu’elle apporte.[/font][/size]
[size=75][font=Script Ecole 2]([/font][font=Script Ecole 2][u]principe d’écoute bienveillante[/u][/font][font=Script Ecole 2] : nous partons du principe qu’elle apporte nécessairement quelque chose, même si on ne le voit pas d’emblée ou que son [/font][font=Script Ecole 2]autrice ou son [/font][font=Script Ecole 2]auteur ne parvient pas à le préciser)[/font][font=Script Ecole 2].[/font][/size]
[font=Script Ecole 2]« [/font][font=Script Ecole 2]Donc tu proposes que… [/font][font=Script Ecole 2]Ok, mais p[/font][font=Script Ecole 2]ourquoi ? Qu’est-ce qui fait qu[/font][font=Script Ecole 2]e ça pourrait se passer comme ça[/font][font=Script Ecole 2] ? »[/font]
[font=Script Ecole 2][u]Enjeu[/u][/font][font=Script Ecole 2][u]x littéraires[/u][/font][font=Script Ecole 2] :[/font]
[font=Script Ecole 2]cas n°1 : clarification [/font][font=Script Ecole 2][i]causale[/i][/font][font=Script Ecole 2] (structure narrative → si une conséquence surgit, c’est qu’elle a une raison de surgir, une cause)[/font]
[font=Script Ecole 2]cas n°2 : creuser [/font][font=Script Ecole 2][i]l’intention[/i][/font][font=Script Ecole 2] d’un personnage (Qu’est-ce qui motive tel personnage [/font][font=Script Ecole 2]à[/font][font=Script Ecole 2] faire ça ?)[/font]
[font=Script Ecole 2]Question sous-jacente : qu’est-ce qu’on veut que [/font][font=Script Ecole 2][i]ce[/i][/font][font=Script Ecole 2] personnage représente [/font][font=Script Ecole 2][i]ou[/i][/font][font=Script Ecole 2] raconte ?[/font][/td]
[/tr]
[/table]
[font=Script Ecole 2][b]3) Position méta : qualifier la façon dont la parole circule entre les co-auteurs et co-autrices[/b][/font]
[font=Script Ecole 2]« [/font][font=Script Ecole 2]Regardez comme c’est intéressant ce qu’est en train de faire M. Elle prolonge la proposition de… en cherchant à dire ce que… »[/font]
[font=Script Ecole 2][size=75]exemple vécu : Là ce qu’est en train de faire M. c’est de prendre appui sur la proposition de R. de faire atterrir la voiture dans un gâteau. Et elle cherche à préciser ce que ça peut être comme gâteau. C’est vrai qu’on l’a pas précisé, ça. Allons-y, qu’est-ce que ça peut être comme gâteau et qu’est-ce que ça change ? On a déjà une première proposition, celle de M., qui nous dit que ça pourrait être une tarte au citron. D’autres propositions ?[/size][/font]
[font=Script Ecole 2]« Ah oui mais si on va par là, on a l’air de se diriger vers une histoire qui… et ce n’est pas ce que A. nous avait demandé au départ. Du coup, A, est-ce que… ? »[/font]
[font=Script Ecole 2][size=75]exemple vécu : D’accord mais là si le personnage d’I. se noie dans la piscine, il me semble qu’on n’est plus tellement dans une histoire rigolote. On va plutôt vers une histoire triste et je crois que c’est pas ce que nous avait demandé N. Non, d’ailleurs, regarde, elle a pas l’air d’accord du tout. Du coup, ça, c’est pour ton histoire à toi. Et si tu y tiens, tu pourras l’écrire toi-même, dans ton cahier d’écrivain. Mais là on voudrait trouver une fin rigolote. Donc je vous repose la question : comment elle pourrait se terminer notre histoire, pour que la fin soit rigolote ? »[/size][/font]